By Brigitte Ollier

L’Allemande expose à Paris.

Iwajla Klinke, 37 ans, revient de la piscine et ses yeux bleus scintillent. L’eau est son élément, d’ailleurs elle a grandi au bord de la mer, dans le nord-est de l’Allemagne, le pays d’August Sander qui aurait pu ravir sa beauté anachronique. Tout à l’heure, elle ira voir Sugimoto au Grand Palais, dont elle apprécie la gravité. La photographe est si réservée qu’on attend avant d’aborder sa première expo en France, «Winter Birds for Peter’s Throne», où il n’est nullement question de guerre, mais de rituels pacifiques. Ces cérémonies, qui, en Sicile, en Roumanie ou en Autriche, témoignent d’un monde qui se plaît à mettre en scène son passé lors de fêtes villageoises. Klinke présente 23 photographies en très grand format. Beaucoup d’enfants, quelques adultes, tous très sérieux, à la limite de l’austérité. Ils posent dans leurs atours. «Ce qui m’intéresse, c’est la joie de la rencontre. C’est vrai qu’il me faut parfois convaincre mes modèles, mais je ne cherche pas à les enfermer dans un cadre.» Cette liberté accordée donne de la sérénité à son propos.

Elle n’a aucune prétention ethnologique, et même son expérience de journaliste ne l’a pas incitée à écrire des textes d’accompagnement. Il est toujours émouvant de voir une artiste sincère, qui refuse tout artifice, car plaire n’est pas son désir.

Liberation
http://www.liberation.fr/photographie/2014/05/02/la-claque-klinke_1009314

Liberation: Iwajla Klinke, coutumes sur mesure
http://www.liberation.fr/photographie/2014/05/09/iwajla-klinke-coutumes-sur-mesure_1011452